Etudes de cas : Elimination progressive et équitable des combustibles fossiles : histoires africaines

Blogs et actualités

En septembre 2024, PCQVP a organisé un webinaire sur les expériences et les leçons tirées des coalitions nationales africaines de PCQVP qui travaillent, d’une manière ou d’une autre, à réduire progressivement la dépendance de leur pays à l’égard du pétrole et du gaz, d’une manière équitable pour tout le monde. 

Charles Ofori, Adam Anthony et Enebi Opawula, membres de PCQVP de Tanzanie, du Ghana et du Nigeria, nous ont montré qu’ensemble, nous pouvons faire beaucoup, même dans les contextes les plus difficiles, pour une élimination progressive, juste et équitable des combustibles fossiles.

Voir leurs interventions ci-dessous.

 

Ghana

Le Ghana exploite le pétrole depuis 2010. Son cadre de transition énergétique, lancé lors de la COP27 en 2022, repose sur une énorme dépendance continue au gaz, considéré comme un combustible de transition. Charles Ofori, responsable des politiques sur le changement climatique et la transition énergétique à l’African Center for Energy Policy (ACEP) Ghana, explique comment l’organisation veille à ce que la transition énergétique soit perçue comme une opportunité et non comme une menace. Ils ont notamment poussé le gouvernement à réduire le brûlage de gaz à la torche, soulignant que le Ghana perdait 300 millions d’USD à cause de ce brûlage. Elle souligne à quel point l’infrastructure n’est pas adaptée aux objectifs de réduction des émissions du Ghana. L’ACEP et ses partenaires étudient également la manière dont les pays africains pourraient coopérer au sein de la zone de libre-échange continentale africaine afin de créer des chaînes de valeur solaires et photovoltaïques. 

 

Tanzanie

La Tanzanie a l’ambition de réduire ses émissions de 35 % d’ici à 2030. Mais le pays compte toujours tirer son énergie du charbon et du gaz, et un vaste projet gazier est en cours de développement dans le sud du pays, Equinor et Shell étant les principaux investisseurs. Adam Antony explique le plaidoyer communautaire facilité par son organisation HakiRasilimali. Il a commencé par mener des recherches pour comprendre ce que les communautés locales, qui bénéficient des services d’Equinor et de Shell depuis 10 ans, pensent du projet gazier et de ce qu’il signifie pour elles. HakiRasilimali a pris le temps de s’asseoir avec les communautés et de discuter de l’impact de l’extraction sur leurs moyens de subsistance et de ses effets sur les terres et les océans. Ils ont ensuite facilité le dialogue entre les communautés et les députés. Les communautés n’ont pas parlé de changement climatique et d’émissions : elles ont parlé des impacts très concrets du projet gazier sur leur vie. C’est un premier pas, mais c’est un défi. Tous les députés n’ont pas été touchés par ces témoignages. La part de la Tanzanie dans les émissions mondiales de CO2 est très faible et le pays n’est pas un grand pollueur. Le changement climatique est souvent considéré comme un programme occidental visant à maintenir l’Afrique sous-développée. Il est nécessaire de contrer ces récits et d’expliquer que les effets du changement climatique sont ressentis partout, principalement dans les pays du Sud. 

 

Nigeria

Le Nigeria est un vieux producteur de pétrole brut. Le pétrole et le gaz représentent 5 % du PIB du pays, de sorte que la transition énergétique est une question de survie économique. La position du gouvernement est de décarboniser son secteur énergétique tout en essayant de maximiser les revenus actuels provenant des combustibles fossiles. Enebi Opawula, analyste principal de la recherche et des politiques chez BudgIT Nigeria, expose les défis que pose la transition énergétique, car la priorité numéro un des pays est souvent d’assurer la sécurité énergétique, ce qui peut l’emporter sur les préoccupations liées au développement durable et au changement climatique. BudgtIT pousse le gouvernement à être plus transparent et à faire des choix pragmatiques au service d’une économie plus verte. Il existe notamment un plan d’expansion du gaz, mais on ne sait pas exactement où les recettes seront investies. BudgtIT s’efforce de voir comment la production et la consommation de gaz peuvent contribuer à la décarbonisation, en consacrant les recettes au développement d’énergies plus vertes. BudgtIT souhaite que les citoyens soient mieux informés afin qu’ils puissent prendre des décisions autonomes pour leur avenir énergétique et demander des comptes aux décideurs. Il effectue des recherches et des analyses (notamment sur le budget et les dépenses des gouvernements) et sensibilise les populations à l’aide de communications accessibles. 

Partager ce contenu:

Ressources associées